Mode

Silhouettes énigmatiques aux allures eigthies au défilé Marc Jacobs

Dans une ambiance tamisée, le podium comme seule ligne de lumière où dansent l’ombre spectrale des mannequins, Marc Jacobs nous offre un défilé démesuré. Démesuré de couleurs, d’extravagances, d’étoffes sculptées sur les corps. Mais c’est une bien douce démesure, pleine de beauté et d’excès maitrisés, qui rend compte du caractère haute-couture de cette mode singulière.

Epaulettes XXL et taille cintrée, telle est la silhouette de la femme Marc Jacobs du prochain hiver. Surmontée d’un chapeau noir camouflant son regard, elle avance invincible et mystérieuse. De quelle époque sort-elle ? Nul doute qu’elle revisite les codes eighties d’une mode extrême en échappant pourtant aux lois du temps. Les couleurs  unies, criardes et primaires, les coupes exagérées qui transforment l’anatomie des corps, dépeignent cette collection en une synthèse d’influences des grands couturiers de ces années ostentatoires. Montana, YSL, Mugler : le trio emblématique. Mais en revisitant l’abondance des ornements (des fleurs bouffantes qui mangent les coups et les tailles des mannequins) et en apportant une modernité à ses inspirations (sacoches et bananes matelassées et cloutées, cheveux graphiques et colorés), Marc Jacobs assure à son show une intemporalité certaine.

C’est donc un moment hors du temps, où les femmes sont des énigmes à découvrir, protégées par les couches sublimes de vêtements qui s’étendent sur elles en redéfinissant leurs lignes et leurs courbes. L’intrigue de l’élégance, d’un luxe subtilement dévoilé, d’une féminité défiant ses acquis, c’est l’intrigue d’une mode authentique. Celle de Marc Jacobs, dont le talent permet de rester marginal plutôt que de suivre la tendance, dont la créativité fait naître ces instants mode pour lesquels le temps s’arrête.

Publié le 16/02/18 - Par zim

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